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Europcar se reconvertit en hub de transport grâce au digital

 

2 000. C’est à ce jour le nombre de voitures mises en autopartage par Europcar, via sa filiale Ubeeqo. Une goutte d’eau dans l’océan des 300 000 véhicules en circulation loués par la multinationale. Mais à en croire Sheila Struyck, directrice marketing du groupe et du Lab Europcar, il faut y voir les prémices d’une nouvelle vague dans le business model de la marque : « Avant on avait recours à la location uniquement quand son propre véhicule n’était pas disponible, pour une panne ou pour un week-end, par exemple. Nous voulons changer ce réflexe et devenir une entreprise qui peut offrir une alternative complète à la possession de voiture, c’est-à-dire une application multimodale qui regroupe des services d’autopartage, de VTC et de location traditionnelle pour répondre à tous les besoins. »

« Le but c’est que l’ensemble du parcours utilisateur se fasse sur notre app via un seul compte »

Racheté fin 2014 par Europcar, Ubeeqo a développé une technologie qui permet d’ouvrir le véhicule partagé grâce à une clé digitale contenue dans son application mobile ou à un pass, au cas où elle serait garée dans une zone non couverte par le réseau cellulaire. A l’origine, l’entreprise était dédiée au BtoB : « Notre service d’autopartage peut aussi être privatisé pour un industriel qui aurait besoin de véhicules pour aller d’un site à l’autre. Au lieu d’une simple flotte nous proposons un service de mobilité complet », affirme Benoît Chatelier, cofondateur d’Ubeeqo. 70 clients grands comptes en France, en Belgique et en Allemagne comme Airbus, Bosch, Danone ou L’Oréal lui font confiance. « Nous sommes aussi capables de créer un compte business qui permet de se débarrasser des notes de frais. C’est très demandé par les PME, notamment en région parisienne », ajoute-t-il.

Sous la houlette d’Europcar, la société présente dans 8 pays d’Europe s’ouvre au BtoC. Après avoir lancé en 2015 son premier service dédié au grand public, elle mise tout aujourd’hui sur son app multimodale : « Dans les grandes villes, plus de la moitié de la population n’est déjà plus propriétaire d’un véhicule individuel et les propriétaires veulent l’abandonner car il est souvent trop coûteux. Mais les offres alternatives sont tellement nombreuses qu’il devient compliqué de s’y repérer et de s’inscrire à toutes. C’est pourquoi nous voulons devenir un point d’entrée unique et une plateforme multimodale de référence pour ces nouvelles mobilités« , Benoît Chatelier. Disponible depuis près d’un an à Paris et depuis six mois à Berlin, Bruxelles et Hambourg, elle permet pour l’instant de s’inscrire, de réserver et de payer des services d’autopartage, de location et de VTC depuis une seule application.

L’offre GoMore permet de louer une voiture entre 4 et 12 mois et de la partager sur la plateforme Drive & Share pour aider au remboursement des loyers

Pour étendre ses services et les développer à grande échelle, Europcar multiplie les acquisitions dans l’autopartage grand public avec les rachats par Ubeeqo de l’espagnol Bluemove en juin 2016 et de l’italien GuidaMi fin janvier dernier. Le Lab Europcar, l’entité dédiée à l’innovation, a également lancé en septembre dernier un projet pilote en France avec le spécialiste danois de la location de voiture entre particuliers et du covoiturage gratuit GoMore. La solution, appelée Drive & Share, permet aux clients de louer une voiture Europcar entre 4 et 12 mois et de pouvoir la partager sur la plateforme GoMore lorsqu’ils ne l’utilisent pas, leur permettant ainsi de financer tout ou partie de ses loyers. Selon la marque, une sous-location d’une dizaine de jours par mois suffirait à rembourser intégralement la mensualité.

Pour étoffer son offre, Ubeeqo enchaîne aussi les partenariats d’affiliation. Il est par exemple possible de réserver un VTC via Allocab ou LeCab ou un taxi G7 directement sur l’app grâce aux API de ces plateformes de réservation. « Le but c’est que l’ensemble du parcours utilisateur se fasse sur notre app via un seul compte », avance Benoît Chatelier. Tout le groupe s’active donc pour proposer des voitures avec chauffeur dans un maximum de pays : « Nous proposerons bientôt des services de VTC dans nos 10 corporate countries, c’est-à-dire où nous travaillons en direct, en Europe puis ensuite dans les pays où nous sommes représentés par des franchises », indique Sheila Struyck. Europcar a déjà commencé son marché dans ce secteur en rachetant le spécialiste londonien du VTC Brunel.

« Nous proposerons bientôt des services de VTC dans nos 10 corporate countries »

L’entreprise ne veut pas s’arrêter et se prépare aussi à proposer sur son app des alternatives à la voiture : « Nous pourrions intégrer à l’avenir du vélo, du scooter et du transport en commun selon les villes. Nous y travaillons déjà avec de potentiels partenaires », révèle le cofondateur d’Ubeeqo. Mais avant cela, un chantier prioritaire accapare ses développeurs : « Nous travaillons à l’interopérabilité de notre app, qui sera mise en place au premier trimestre de cette année. Elle permettra à un client s’étant inscrit à Berlin de louer une voiture ou réserver un VTC, à partir du même compte, lors de son déplacement à Barcelone, par exemple. »

Les six salariés du Lab Europcar n’arrêtent pour autant pas de prospecter à en croire sa directrice. « Nous cherchons à acquérir des spécialistes de ces secteurs pour nous diversifier. Il est important de travailler avec des entreprises qui ont déjà une base utilisateurs et des méthodes bien établies dont on peut s’inspirer. » Selon elle, déployer des moyens de transport alternatifs n’est pas contraire au cœur de métier du groupe. « Ces nouveaux services permettront une meilleure rotation dans notre flotte. On peut imaginer les louer la semaine et les mettre en autopartage le week-end, quand ils sont moins demandés par la clientèle BtoB, par exemple. »

« Le challenge marketing de ces services est de les faire adopter »

Des partenariats et des acquisitions, Sheila Struyck en aura besoin pour façonner l’avenir d’Europcar. « Toutes les entreprises qui peuvent nous aider à gérer en une seule plateforme toutes les data de tous les véhicules et qui travaillent sur l’expérience client sont intéressantes. » Mais le groupe devra selon elle relever un défi de taille. « Le challenge marketing de ces services est de les faire adopter. »

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